Nous sommes sur la dalle de Villejean les 6 et 13 février, quand un homme flegmatique au premier abord, bien sapé, la trentaine, cheveux châtains,  vient tous nous saluer. C’est Antonin Druart, avec qui nous allons participer à deux ateliers d’écriture au centre social. Toute première fois pour lui, de faire des ateliers d’écriture, mais quelle plaisir ce fut pour chacun de travailler avec un homme de son envergure et talent. Nous vous racontons tout.

Ayant très certainement un peu le trac pour sa « toute première », il décide de se présenter par un texte.

Et c’est avec une note d’humour qu’il commence son intervention, nous disant que le matin il déjeune « d’une tasse de café et de quatre biscottes matinées de beurre de cacahuète ». Puis il nous conte son histoire, il est né en Ariège en 1982 avant d’arriver assez vite sur Rennes.

Précoce au niveau de son inspiration artistique, il dessine dès tout petit des micro-fresques avec des détails et des monstres, dans un style qui ressemble à la BD pour raconter des histoires. Puis après être passé par la peinture, il se dirige vers l’écriture vaguement journalistique, inspirée des écrits des critiques rock des années 70 et 80. On peut d’ailleurs le lire dans Wik et Kostar.

Reprenant sur une note d’humour, il nous dit que cet atelier lui « servira à investir dans une machine à laver ». Avant de nous dire son amour pour la culture américaine, la culture seulement, car il déteste la politique américaine et Trump.

C’est d’ailleurs en lisant des auteurs américains, que petit à petit, l’idée germe en lui, qu’il doit lui aussi se lancer dans la fiction. Il commence donc à écrire des textes pour des concours de nouvelles puis part s’isoler en Andalousie pour entamer son premier roman, un premier roman qui parle d’un homme coincé dans un centre commercial géant. Après une nuit arrosé, ayant perdu sa copine, il rencontrera lors de son aventure un voyageur temporel, un ninja, un marin cyborg ou encore un PDG qui se prend pour un sultan. Vous l’avez bien compris, il est loufoque dans son style, il aime l’absurde.

Il attend que ce premier roman soit publié. Et en attendant, il fait de nombreux métiers alimentaires comme caissier, libraire ou encore Père noël. Une de ses nouvelles sera publiée l’année prochaine par la nouvelle maison d’édition Animal debout. Antonin ajoute qu’il a actuellement aussi en préparation une exposition en collaboration avec un artiste plasticien. Et il travaille comme vacataire au musée des beaux-arts, et il est aussi assistant d’éducation dans un internat.

Actuellement, il s’attelle à l’écriture de son second roman, une histoire de secte et de lapin.

Son but, après nous avoir expliqué qu’il n’est pas professeur, est de nous plonger via notre imaginaire pour produire une nouvelle collective. Avant d’ajouter que l’erreur est humaine et qu’elle peut ouvrir des possibilités auxquelles nous n’avions pas pensé.

Si Antonin est écrivain, c’est parce que insiste-t-il, il n’est bon qu’à ça, avant de nous citer le dramaturge Harold Pinter : « Les hommes montent les montagnes parce que les montagnes sont là », phrase qu’il nous dit de méditer.

Création littéraire pour l’Hypocrite 17

Allez Hop ! Au Taf ! Commencent alors des exercices ayant pour objectifs de réaliser la nouvelle. Le premier s’appelle d’après la célèbre phrase de Rimbaud « Je est un autre » où on doit imaginer qu’on est quelqu’un d’autre. Le second exercice consiste à citer un mort en rapport avec la fin du monde. Dans le troisième exercice, pour se mettre en jambe, on lit un paragraphe de La Route, puis on doit écrire la suite. Puis vient un exercice où l’on doit écrire une phrase au futur et ce qu’il advient dans la deuxième partie de la phrase, l’exercice est mené sous la forme tout d’abord d’un cadavre exquis. Enfin, vient l’exercice 5 où l’on doit raconter un dialogue puis le dernier de la première journée où on doit en utilisant une liste de mots que nous avons choisi, conter une nouvelle.

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Article publié dans l’Hypocrite 17