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L’Hypocrite 22 : Ça sent le sapin.

La mort anonyme

Nous ne sommes pas tous égaux dans notre rapport à la mort, elle peut inspirer la peur, la curiosité, la fascination, parfois l’indifférence… Pourtant indépendamment des sentiments qu’elle provoque, on le sait, elle est inéluctable. Le déni de la mort est un des phénomènes les plus compréhensibles, mais aussi l’un des plus absurdes de notre société. Du moins au cœur de la civilisation occidentale. En effet, ce déni tient davantage ses racines des mœurs culturelles que de notre nature humaine. Pourtant la mort constitue un aspect essentiel de notre vie et malgré notre effort collectif pour l’éluder, elle reste et restera présente dans notre société, par exemple au travers des nombreux métiers parfois oubliés mais pourtant essentiels.

Seule une poignée de thanatopracteurs, autrement dit « les maquilleurs des morts », exercent. Les métiers du funéraire, par exemple ceux des pompes funèbres, restent également très peu convoités. Pour cause, la plupart des petites entreprises sont des business familiaux. En plus de la croissance plus faible du corps de métier, le contexte sanitaire n’arrange pas la situation. Les thanatopracteurs se font refuser leur droit d’exercer sur des morts précédemment atteints de la covid. Malgré cette baisse de chiffre, leur affaire reste assez juteuse, et les prix à afficher pour avoir le droit de mourir proprement sont plutôt salés.

Cependant, il existe des alternatives plus accessibles, par exemple via la Coopérative funéraire, qui propose des inhumations moins coûteuses, donnant plus de choix aux proches et étant plus éthiques sur le plan humain et écologique. Face au développement durable en situation de crise, l’industrie décide parfois de mettre la main à la pâte et de proposer des services écologiques : cercueils non-polluants, absence de formol, cimetière vert… Et tous ces efforts communs des travailleurs de la mort sont trop souvent réduits au silence, notamment à cause du voile que s’appose volontairement notre civilisation.

Au cours du journal et de tous les articles qui vont suivre, nous allons donc vous exposer tous ces aspects de la mort qui restent trop invisibles et méconnues aux yeux de la société d’aujourd’hui.

Elisa Poulain, Benjamin Bucaille & Naëll Bannier

Le sommaire

  • Voyage Mortel : un podcast en trois épisodes (à écouter ici) – Tuto : Et toi ça te tente ? par Elisa Poulain
  • Dessin de presse “La Mort, un business comme un autre” par Zacharie Heiss
  • Death Karma, un tour du monde mortifère par Benjamin Bucaille
  • Penser l’ignorance de l’inévitable : ce sera un accident d’avion pour moi, s’il vous plaît ! par Mélissa Mocquot
  • Vivre de la Mort par Alexis Le Cocquen
  • Sur la route de Florent Wood Camper par Zacharie Heiss
  • Au théâtre, le matrimoine mis en lumière par Elisa Poulain
  • Inhumées mais pas oubliées, création littéraire réalisé avec la Cie La mort est dans la Boîte
  • Etre thanatopracteur c’est avoir la peau dure par Guewen Merre
  • Reconnecter le monde des morts à celui des vivants par Carine Peynaud
  • La coopérative funéraire, une mise en bière sans pression par Eden Le Reux & Fabien Le Goff
  • Expérience de mort imminente : délivrance de l’esprit ou machination du cerveau ? par Corentin Daubé
  • Chasseurs de fantômes, à la recherche de sensationnel par Naëll Bannier
  • Fable du diable : la terreur et le beau gosse par Mélissa Mocquot
  • Billet d’humeur – Complotristes ! par Corentin Daubé
  • Horoscope par nos astrologues Elisa Poulain & Alexis Janvier
  • Un super poster La Mort qui tue réalisé en collaboration avec Florent wood Camper

Distribué le mercredi 21 avril dans les points de diffusion ci dessous.

Où trouver l’Hypocrite ?

En raison des restrictions sanitaires, le journal ne peut être diffusé dans le réseau de distribution habituel. Vous pouvez découvrir ce numéro de l’Hypocrite chez : Libraire Le Failler, Libraire Critic, Le Géant des Beaux Arts, 4Bis, Blindspot, Its Only, l’Hôtel de ville de Rennes, Hôtel de Rennes Métropole, Mairie de quartier Clémenceau, Librairie Ty Bull, Bibliothèque Triangle, Mission locale de la Parcheminerie – We Ker.

L’Hypocrite 21 : LIBERTÉ, vite !

Les libertés matraquées

Piégée entre contexte sanitaire anxiogène et répression autoritaire au nom d’une sûreté de l’Etat, la population française se voit prise en tenaille, au cœur d’un brasier dont elle ne s’avère être qu’une simple victime. La dégradation de nos libertés a été progressive, d’un mandat à l’autre, par bon nombres de justifications factices. Cependant, c’est durant ces dernières années, et particulièrement ces derniers mois, que la volonté autoritaire s’est affirmée.

Nous en avons vu les prémisses avec l’émergence du mouvement des gilets jaunes de 2018, nous en subissons sa continuité logique aujourd’hui. Entre urgence sanitaire, loi Sécurité globale et loi contre le Séparatisme, le pays des Lumières voit ses valeurs bafouées de toutes parts, selon les caprices des quelques politiciens à la tête de l’Etat. Au grand malheur de ces derniers, une opposition citoyenne d’ampleur ne supporte plus ces affronts répétés. La colère du peuple s’exprime dans les rues et revendique une volonté immuable de défendre ses libertés les plus fondamentales. Bien que seul le futur nous dira si les matraques auront eu raison de notre démocratie, la lutte se poursuit ardemment.

A travers ce numéro, nous ferons un point, en nous demandant où nous en sommes, que nous reste-t-il de nos libertés et quelles seraient les issues possibles. Quelles que soient leurs formes, nos libertés définissent ce que nous sommes non seulement en tant que société, mais surtout en tant qu’humains. Qu’elle soit numérique ou physique, qu’elle s’exprime par nos mots ou par nos pensées, la liberté est un droit pour lequel chaque être vivant se doit de lutter inlassablement.

Guewen Merre

Le sommaire

  • Chiffres clés sur la Liberté, micro-trottoir et Dessine moi un message par Alexis Le Cocquen, Guewen Merre, Zacharie Heiss, Marc Antoine Joly, Fabien Le Goff et Matthieu Assgarian
  • “Donner aux personnes un maximum de capabilité” par Marie Bedel
  • Défendre la liberté d’expression : le parcours du combattant par Céline Brulais & Zacharie Heiss
  • Tuto Info ou Intox (décrypter un dessin de presse) par Céline Brulais
  • Cabu, ses rires et mes souvenirs par Zacharie Heiss
  • Juin, artisan du geste parfait par Alexis Le Cocquen et Elisa Poulain
  • La Laïcité, une valeur portée à coeur par Guewen Merre & Marc Antoine Joly
  • Le difficile copinage entre liberté d’expression et cadre politique par Alexis Janvier
  • Les résistants du Libre par Carine Peynaud, Zacharie Heiss et Elisa Poulain
  • Philippe Croizon : “l’humour est l’outil de résilience le plus important” par Alexis Janvier & Elisa Poulain
  • Billet d’humeur – Funambulisme par Alexis Janvier
  • Horoscope par nos astrologues Elisa Poulain & Alexis Le Cocquen
  • Un super Poster La Liberté, c’est par où ? réalisé en collaboration avec Pierrick Juin (ainsi que la Une).

Distribué le mercredi 16 Décembre dans les points de diffusion ci dessous.

Où trouver l’Hypocrite ?

Fait Main #7 – Un comptoir pour le 4Bis

Cette nouvelle édition s’appuie sur une problématique rencontrée par le « 4Bis – information jeunesse » qui occupe le bâtiment du même nom place Charles de Gaulle. Les jeunes s’adressent aux professionnels de cette structure pour trouver une information précise ou un conseil mais ne restent pas dans le bâtiment. Pour remédier à cette situation, le nouveau projet associatif prévoit donc de leur laisser plus de place dans un espace à imaginer qui nécessiterait de repenser l’usage du rez-de-chaussée et du hall d’entrée pour en faire un Café Culturel Citoyen (CCC). Fait Main #7 a eu pour ambition de travailler sur la conception de cet espace avec un groupe de jeunes et de les accompagner pour formaliser des propositions qui seront remise au « 4Bis – information jeunesse ». Les ateliers se sont déroulés sur le temps scolaire des participants et non sur leur temps de loisirs pour ancrer la démarche dans leur parcours de formation.

Les participants ont reçu à l’issue des ateliers une attestation de compétences qu’il pourront faire valoir dans leur parcours d’insertion.

“J’ai pu voir que j’étais capable de travailler en équipe, de pouvoir proposer des idées, de montrer ma créativité et l’avantage d’être minutieux ainsi que patient.

Marc-Antoine

Cette année, nous avons renforcé cette démarche en associant pour la première fois l’ensemble d’une promotion de l’EESAB, ainsi qu’une partie de ses enseignants, dans la conception du projet et dans sa réalisation. De nombreuses inconnues demeuraient quant à la mise en œuvre de ce nouvel espace. Il a donc été décidé de resserrer Fait Main autour d’un élément central du futur CCC avec la conception et la réalisation d’un bar et d’un fonds de bar en bois.

Un processus collaboratif de concertation mené par l’agence ZamZam auprès des usagers et des salariés du lieu a abouti à l’écriture d’un cahier des charges précis qui a été le point de départ de Fait Main #7.

L’idée de ce chantier est qu’un espace défini par des jeunes, soit imaginé et réalisé par d’autres jeunes. Pour concrétiser cette dynamique, nous avons organisé pour la première fois avec l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne (EESAB) un workshop qui a rassemblé 6 étudiants en deuxième année option design et 7 jeunes de Tout Atout orientés par des structures sociales. L’objectif de ces ateliers fut d’aboutir à des maquettes, croquis, réalisation 3D… du futur mobilier et éventuellement de proposer des pistes d’aménagement du futur espace global. Un accrochage des propositions a été organisé pour le 4bis à l’issue . Elles ont été exposées au public dans la double peau du bâtiment. 

Ce temps de travail a été nourri par les deux intervenants choisi pour encadrer Fait Main #7 : Jean Philippe Lanoé, artisan ébéniste, et Fréderic Laroche, designer. La seconde étape consistait pour le groupe de jeunes de réaliser la proposition choisie. Le nombre de participants a été ramené à  11 jeunes (7 jeunes de Tout Atout et 4 jeunes de l’ EESAB ). Ils ont dû fabriquer avec les encadrants les éléments du mobilier définitif selon différentes étapes.

Plusieurs techniques ont été mises en œuvre pour réaliser ce projet. Elles ont nécessité des participants de la concentration, de la minutie et de la patience. Avant la livraison de la commande, les jeunes ont obligatoirement participé aux étapes suivantes : Découverte de la forêt et des différentes essences de bois / Workshop au 4Bis et accrochage / Découverte des métiers du bois / Conception et réalisation du mobilier / Livraison et valorisation

Le mobilier réalisé par les participants est valorisé par une installation pérenne sur le site du 4BIS et par une ouverture publique qui aura lieu le samedi 30 janvier 2021. En amont, un film détaillant les étapes de travail a été réalisé. En attendant, vous pouvez découvrir la vidéo ci dessous, réalisée par Stéphane Pougnand pour le Campus des solidarités 2020.

Intervenants :

Rencontre avec le secteur professionnel :

“J’ai pu mettre en application diverses compétences que j’ai développé à l’école. Quant à mes aptitudes, j’aurai besoin de réaliser d’autres stages pour m’en rendre compte. J’ai aimé le coté concret du projet. J’en garderai un bon souvenir.

Lucas