La parole aux stagiaires : leurs parcours, leurs projets, leurs mots

Chez Tout Atout, chaque formation est avant tout une aventure humaine.
Que ce soit à travers Fait Main ou Chemin de Fer, nous accompagnons des jeunes de 16 à 30 ans, souvent en questionnement sur leur avenir professionnel.

Ici, ce sont leurs mots, leurs ressentis et leurs projets.
Parce qu’ils et elles sont les mieux placé·es pour parler de ce qu’ils vivent, des doutes aux réussites, des rencontres aux déclics.

Grace a vous jai un avenir. Merci pour tout. Je vous en dois une belle. Pablo Publication Instagram 45

Inès, de la formation à l’entrepreneuriat

“Il y a eu un avant et un après. » Inès a participé à Fait Main 13, un projet mêlant artisanat, création et transmission. Un an plus tard, elle lance son activité professionnelle. Ce qu’elle croyait inaccessible devient réalité.

Eh bien, c’était une affiche au 4bis. Quelqu’un m’a envoyé une photo, une amie. Et je les ai contactés.”

inescouv

Voilà comment, il y a un an, Inès Delasa, 25 ans, se retrouve sur le projet Fait Main 13, proposé par Tout Atout. Après un bac Arts appliqués, un CAP ébéniste et un BTS charpente, Inès ne se retrouvait plus dans l’artisanat “classique”.

L’opportunité de s’orienter vers une formation qui lui permet de garder le côté manuel qu’elle avait appris, tout en intégrant une démarche collective et artistique, était pour elle la jonction parfaite de ce qu’elle cherchait à expérimenter.

Au départ, elle voyait l’artisanat comme un milieu très masculin.

Étant la seule fille dans son BTS, elle ne se sentait pas vraiment à sa place. Mais ses appréhensions ont changé lorsqu’elle s’est retrouvée sur le chantier Fait Main 13, un chantier mixte, respectant la parité.

Évidemment, ça m’a encore plus confortée. Je suis dans le bon groupe et au bon endroit pour être à l’aise”, raconte-t-elle.

Tout au long de la formation, elle explique que Tout Atout a été essentiel pour avoir tous les outils en main pour l’avenir. Elle souligne l’honnêteté et la volonté des encadrants de transmettre la réalité du monde professionnel :

Quand on a fait toutes les parties sur les chiffres, les devis, la partie un peu plus théorique… Là, oui, [Jérôme] répondait à toutes les questions avec une sincérité admirable. Il nous montrait même les dossiers de l’asso qui pourraient rester un peu confidentiels. Mais non, lui, il a ouvert généreusement tous les tableaux Excel.”

Mais c’est après Tout Atout, grâce à sa conseillère de la Mission Locale, qu’Inès a le déclic : elle aussi peut se lancer dans l’entrepreneuriat. Elle avait toutes les cartes en main avec son parcours et l’expérience que lui avait offert Tout Atout.

Ma conseillère m’a dit : ‘Pourquoi est-ce que tu ne monterais pas ton entreprise ?’ Et ça ne m’avait même pas traversé l’esprit. C’était comme quelque chose qui n’était pas possible pour moi. Et après coup, je me suis dit : ‘Si j’étais un mec, je ne me serais même pas posé la question. En fait, Tout Atout, c’était la béquille qu’il me fallait.”

Suite à la formation, Inès a découvert un réseau d’incubateurs — des structures qui accompagnent les porteurs de projets dans leur création d’entreprise. Elle est aujourd’hui suivie par Les Premières, un incubateur qui soutient les femmes dans l’entrepreunariat et les équipes mixtes :

L’entrepreneuriat, pour moi, c’était inenvisageable en tant que femme.”

Elle se retrouve désormais entourée d’autres femmes dans la même situation, avec qui elle peut avancer. Habitant dans un quartier prioritaire, Inès bénéficie de financements tout au long de son parcours d’incubée, ce qui lui permet de lancer son entreprise dès septembre prochain : La Boîte à Outinès, un projet de cofabrication artisanale et d’accompagnement technique, auprès de particuliers ou de professionnels, sur des chantiers ou dans des ateliers collaboratifs.

Le cœur du projet : le travail du bois. Mais Inès ne s’interdit pas d’explorer d’autres matériaux, comme la pierre, qu’elle a d’ailleurs appris à maitriser grâce au projet Fait Main.

ines modif

Wanceslas, révélation audiovisuelle

“J’avais envie de comprendre le montage vidéo… J’ai trouvé bien plus”

Wanceslas a rejoint la formation Chemin de Fer pour se former à l’audiovisuel. Compétences techniques, rencontres, projets : aujourd’hui, il vise une école spécialisée et rêve de créer un label pour accompagner des artistes.

Wanceslas est Rennais, il a 25 ans et il suit actuellement la formation Chemin de fer, proposée par Tout Atout. Avant d’intégrer cette formation, il a enchaîné plusieurs expériences professionnelles et missions d’intérim. ce qui l’intéresse profondément, c’est le montage vidéo :

“J’avais envie d’apprendre des notions et même de découvrir tous les milieux qui touchent à ça. Pour pouvoir me projeter pour la suite.”

wanceslas 1

Ce qu’il apprécie particulièrement dans la formation, c’est la proximité avec les encadrants et les intervenants. Il explique qu’il est facile d’échanger avec eux, qu’ils sont à l’écoute, et que l’intervention de professionnels est un vrai plus — que ce soit pour les savoirs qu’ils transmettent ou pour la possibilité de les recontacter plus tard, en cas de besoin.

Il confie avoir appris des choses auxquelles il ne pensait pas s’intéresser au départ, mais qui lui sont finalement utiles. Son rapport à la formation est sincère :

“C’est quelque chose qui m’intéresse au-delà du fait que ce soit un travail. Même si ça ne me rapportait rien, je serais quand même tenté d’apprendre.”

Aujourd’hui, Wanceslas a trouvé la voie professionnelle qui lui correspond.il est motivé à intégrer l’ESRA (École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), pour acquérir des compétences solides et un titre professionnel en montage vidéo.son objectif à terme ? Créer un label de musique, pour produire des artistes. Son conseil pour les futur·e·s stagiaires ?

Être passionné. S’intéresser à ce que l’on fait. je pense que c’est plus facile

Isaac & Lucie — Interviews flash

Ils partagent en toute sincérité leurs déclics, leurs envies, leurs projets professionnels après leur passage par Chemin de Fer et leur participation au projet BANCAL.

Edwin, une première expérience marquante

Edwin, 22 ans, témoigne de son passage dans la formation Fait Main 12. Motivations, craintes, découvertes… il raconte comment cette expérience a contribué à construire son projet professionnel.

Après le bac, Edwin, un peu perdu quant à son avenir professionnel, entame un service civique dans le domaine du volley-ball. Il enchaîne ensuite avec une licence de LLCER, qu’il finit par arrêter, avant de se lancer dans les petits boulots, principalement en restauration.

L’année suivante, il reprend les études en débutant une licence humanitaire. Cette formation lui plaisait, mais il ne se voyait pas s’engager sur cinq ans. C’est grâce à sa psychologue qu’il entend alors parler de Tout Atout. Aujourd’hui, Edwin a 22 ans et il suit la formation Fait Main 12.

J’avais besoin de choses physiques, extérieures. Je pense que j’ai besoin d’un peu de manuel et un peu de théorie aussi, pour évoluer mentalement, pour pas rester sur place”, raconte-t-il.

Il avait besoin de sortir d’un cadre académique, que ce soit dans le fonctionnement de la formation ou dans la relation avec les autres.

Ce n’est pas juste un 8h-18h où, si ça va pas, tu fais quand même ton travail. Y’a une relation avec les encadrants qui est aussi un peu amicale. Y’a moins de barrières, on va dire. Ça reste des formateurs, bien sûr, mais on sent qu’on peut avoir confiance, qu’on peut demander de l’aide si ça va pas.

Ce qu’il trouve particulièrement intéressant dans cette formation, c’est qu’elle ne dure que quatre mois :

C’est un premier pied dans le terrain, et après, si tu aimes, tu continues dans cette voie, ou tu peux voir s’il y a d’autres métiers qui y ressemblent. Je trouve ça beaucoup plus intéressant et moins stressant que de se lancer directement dans une formation de deux ans, où tu connais même pas le métier.

Avant d’intégrer la formation, Edwin avait quelques appréhensions quant au public qu’il allait y rencontrer. Il avait peur de ne pas se sentir à sa place. Mais aujourd’hui, il vient à la formation non seulement pour travailler, mais aussi pour retrouver le groupe, qu’il apprécie beaucoup. 

Il ne sait pas encore précisément ce qu’il fera après, mais il sent que cette formation l’a aidé. Contrairement à avant, il ne travaille plus simplement pour subvenir à ses besoins, mais il fait désormais quelque chose qui lui plaît.

Il aura d’ailleurs l’occasion, dans le cadre de la formation, de rencontrer des professionnels lors d’un forum — ébénistes, charpentiers, etc. — pour l’aider à s’orienter

Un grand merci à Coline Lebeau pour avoir mené ses entretiens, recueilli les propos et conçu des publications pour l’association lors de son stage en communication auprès de l’association Tout Atout en mai 2025.